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Championnat de France Superbike 2008

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Magny-Cours

Equipage Hergott / Moisé - 19 et 20 juillet

Vous allez rire mais je vous dois un aveu : le webmaster du FORT n'avait jamais assisté à une course de sidecars. La course de Magny-Cours a donc été une grande première pour moi et je ne regrette pas cette expérience. J'en ai pris plein les yeux, plein le nez et plein les oreilles ... Super !

Je suis arrivé à Nevers en train et le FORT (qui fait bien les choses) vient me chercher en voiture. Nous arrivons juste à temps pour casser la croute. Le café à peine avalé pilote, passager et mécano sautent sur leur machine. On vérifie tout : une pression de ceci, un niveau de cela, un serrage, tout y passe. La deuxième séance de qualification est à 18h. Dès 17h on sent que quelque chose se passe. Ça s'agite dans le paddock. Les sidecars sortent de leurs tentes, on les habille de leurs belles carènes, les moteurs démarrent et tournent au ralenti.

Magny-Cours ça fume

Tout à coup, il flotte dans l'air comme une tension. L'adrénaline monte, on est déjà dans la course. Les équipages partent pour leurs qualifs et nous partons vers les tribunes mais laquelle choisir, il y en a partout ?

On opte pour la tribune à la sortie du virage du lycée et ce n'est pas un mauvais choix. On voit les sides arriver de loin, juste en face, dans une descente. Une petite courbe à gauche puis un grand virage à droite avant le flip-flap de l'arrivée.

Les bolides défilent, certains très rapides, d'autres moins et ce ne sont pas toujours les F2 qui sont à la traine...
Le freinage avant le grand virage à droite est impressionnant, ça fume parfois copieusement. Et la relance pour le flip-flap : super. Inutile alors de parler à son voisin, chaque moteur hurle sa propre chanson.

J'ai prévu de faire des photos. Je règle, je vise, je déclenche et je vérifie : une belle photo ... de bitume ! Je pense que je n'aurai pas plus d'une photo sur 10 sur laquelle on voit un sidecar (et parfois seulement un bout). Je mesure mieux le mérite des photographes qui montrent leurs œuvres sur le forum. Bravo les artistes !

Magny-Cours Patrice Vincent
Des drapeaux s'agitent, les sides roulent lentement, la séance est déjà finie, dommage.
On se retrouve au paddock. Conférence au sommet entre pilote, passager et mécano. Ordre du jour : que faut-il faire pour améliorer les perfs ou, plus simplement : comment aller plus vite que celui qui est devant et ne pas se faire rattraper par celui qui est derrière. Ça philosophe dur et ils finissent par tomber d'accord pour changer un machin rond avec des dents ce qui est fait sur le champ et en un temps record. Quand je vois le temps que je mets à faire la moindre chose sur ma voiture ... passons.

Le paddock le soir, c'est un endroit convivial, un peu camping, un peu café du commerce. Les gens vont les uns chez les autres pour se retrouver, discuter, boire un petit coup et, s'ils ne refont pas le monde, ils parlent, ils parlent, ils parlent : de moteurs, de châssis, de freinages, de trajectoires, ... Ça a l'air d'être très intéressant. En tous cas, ça a l'air de les intéresser beaucoup.

Après s'être occupés de leurs montures (comme d'autres s'occupent de leurs chevaux) on passe à table. Au menu, une très bonne tartiflette mais l'odeur du poly fraichement cuisiné gâche un peu le plaisir. La veillée est courte : nos champions sont sérieux.

Le lendemain matin, on se lève tôt car il y a un truc à 9h : le warm-up. C'est comme une séance de qualif mais ça ne change pas la grille de départ ou comme une course mais ça ne rapporte pas de points. En fait, on va bruler de l'essence et user de la gomme pour vérifier que les virages n'ont pas été modifiés pendant la nuit. A moins que ce soit pour le plaisir des spectateurs qui peuvent ainsi profiter de quelques passages de leurs champions préférés. Les nôtres, vous savez qui c'est et, si vous avez un doute, regardez qui est 2° au classement général F2 (la page classement c'est par là >>>).
Et bien, nos champions sont contents de leur warm-up. Les modifs apportées ont donné de bons résultats mais ...ils vont encore changer quelque chose : toujours une histoire de dent, en plus ou en moins, je ne sais pas trop. Ils modifient à toute vitesse et mangent un morceau sur le pouce : la première manche est à 11h20.

Pendant qu'ils se préparent, je me rends compte que ce sport regroupe en fait deux passions. La plus évidente, celle de la course. De l'adrénaline jusqu'à la ligne rouge, la concentration, la vitesse, la trajectoire, la gagne. A fond pendant 20 minutes, l'autre en point de mire et tenter de le dépasser par une manœuvre adroite. La seconde passion est moins spectaculaire, c'est la passion de la mécanique. Imaginer toujours des réglages de plus en plus précis, améliorer sans fin une machine déjà très performante dès l'origine. Laquelle est la plus importante pour vous, compétiteurs ?

11h sur le paddock, cette fois c'est du sérieux et ça se sent. En partant pour la grille les équipages font un petit signe de la main mais chacun est déjà concentré sur les prochaines 20 minutes, les visages sont graves sous la visière.
Tous les concurrents vont d'abord faire un tour de chauffe (comme les diesels, si, si !) Puis ils partent comme des pétards. Quelques problèmes dans le premier virage, drapeau rouge, ils ne repartent que pour 8 tours. Ça se passe bien pour le FORT, bien accroché à la 2° place F2 quand il se fait passer dans le dernier tour. Pour le dépasser, le concurrent a considéré que la piste n'est pas assez large et il a annexé les vibreurs plus une bande de gazon au-delà des vibreurs. A un poil près, c'était labourage et pâturage pour tout le monde.
A l'arrivée notre équipage est 3° en F2, c'est bien.

Magny-Cours Hergott et Moisé
Au retour dans le paddock le climat est nettement moins convivial que la veille. Les problèmes du départ n'ont pas été appréciés par tout le monde et on recherche un coupable. Les esprits s'échauffent. Ça bout un moment puis la tension retombe et on se serre la main. C'est mieux comme ça.

La deuxième manche a lieu à 14h40. Cette fois on va assister au départ puis on file ventre à terre (presque) à la tribune des stands du coté du flip-flap de l'arrivée. Une dernière fois ce week-end on profite du spectacle : le bruit des moteurs, rugissement rauque ou miaulement aigu, la vision fugitive des carènes multicolores, le bond des paniers au-dessus des vibreurs. Un vrai régal écourté à 3 tours de l'arrivée. Un concurrent a cassé son moteur : arrêt de la course.
Le FORT est à nouveau 3° donc il accède au podium et conforte sa place de deuxième au classement général F2.

Au paddock, plus question de conférence au sommet car une autre course commence : on plie les auvents, on range les pneus, les outils et tout un tas d'autres trucs dans la remorque, on va rechercher le side au contrôle technique. L'ambiance du paddock a encore changé, un peu de tristesse comme à la fin des vacances. Un dernier verre de l'amitié au trophée Tatoo, la promesse de se retrouver bientôt à Ledenon pour la dernière course de la saison, un petit coup de klaxon, quelques geste de la main et ça y est, on est parti.

Dans le train qui me ramène à Paris je repense à votre sport. Ces équipes, pilote, passager et mécano regroupés autour de leurs machines. La passion commune, l'objectif clairement affiché. Je pense aussi à ce couple majeur pilote-passager et à ce qu'ils partagent : leur histoire, leurs secrets, leur connivence, leur propre langage en course ... De tout cela, ils ne nous en confieront que quelques bribes, ils garderont l'essentiel pour eux. D'ailleurs, qui pourrait comprendre précisément ce qu'ils ressentent ?

Un dernier mot pour tous les équipages. Que vous soyez premier ou dernier, je vous remercie pour la qualité du spectacle que vous nous offrez. Avec des moyens sans comparaison avec ceux de la formule 1 (4 roues), l'intensité de vos courses est au moins aussi forte. Aussi, comme vous n'entendez pas les bravos qu'on vous lance des tribunes, je vous les renouvelle ici : BRAVO, c'était SUPER !

Tout ce bon et trop bref week-end me donne vraiment envie de participer à la fête mais comme j'ai du mal à rester en équilibre en vélo et que la mécanique est un domaine plein de mystères pour moi, je me contenterai de regarder : je suis quand même plus à l'aise avec mon clavier et ma souris.

Merci à tous pour votre accueil amical et chaleureux et à bientôt

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